Documents pour «Cinémathèque française»

Scorsese par Scorsese : une leçon de cinéma

59min20

Leçon de cinéma de Martin Scorsese à la Cinémathèque française à l'occasion de l'exposition qui lui est consacrée. Rencontre animée par Serge Toubiana et Costa-Gavras.

Arri, une firme centenaire

2h18min47

Conférence animée par Michael Koppetz et Natasza Chroscicki, avec présentation d'appareils et projections.

En 1917, August Arnold et Robert Richter, ingénieurs, cinéastes, techniciens, créent à Munich la société de fabrication d'appareils cinématographiques ARRI, contraction des deux premières lettres de leurs noms. À partir de cette date, la firme produit des appareils innovants qui révolutionnent les pratiques cinématographiques dans la prise de vues (par exemple, la célèbre caméra 35 mm légère et à visée reflex, 1932), l'éclairage, le développement et le tirage. La dernière caméra à pellicule est produite en 2000 (la Arricam), puis ARRI s'investit avec succès en 2010 dans le numérique.
La caméra Alexa est aujourd'hui très appréciée par les plus grands directeurs de la photographie. Présentation d'appareils anciens et modernes, projection de films, rencontre avec des directeurs de la photographie.

Josef von Sternberg : Retour à Anatahan. Conférence d'Emmanuel Burdeau

1h20min41

À sa sortie en 1953, Fièvre sur Anatahan est rejeté par le public et la critique du pays où il a été tourné, le Japon. Nombre de cinéphiles considèrent toutefois, comme le cinéaste lui-même, qu'il marque le sommet de l'oeuvre de Josef von Sternberg. Pour comprendre cet écart il faut retourner à Anatahan, cette minuscule île de l'archipel des Mariannes où prit place il y a soixante-dix ans un fait divers dont le Japon contemporain bruisse encore. Et il faut à partir de là, comme toujours chez Sternberg, tracer d'autres cercles, dont celui de sa relation – profonde – avec la culture et le cinéma japonais.

Josef von Sternberg : Surfaces et sortilèges. Conférence de Jérôme Momcilovic

1h30min40

Le glamour, disait Sternberg, c'est « le traitement de la surface, une surface qui n'a même pas l'épaisseur de l'épiderme ». De L'Ange bleu à La Femme et le Pantin, le visage de Marlene Dietrich fut cette surface, pas plus épaisse que l'écran où Sternberg la livrait aux pleins pouvoirs du cinéma. Mais la surface chez Sternberg est aussi un gouffre, où basculent ensemble le film et les spectateurs, foudroyés par le même sort – « glamour » ne vient pas pour rien d'un vieux terme écossais désignant un sortilège. Jérôme Momcilovic est critique de cinéma, responsable des pages cinéma du magazine Chronic'art. Il est l'auteur de Prodiges d'Arnold Schwarzenegger (éditions Capricci, 2016).

Gus Van Sant par Gus Vant Sant : une leçon de cinéma

1h09min30

Le 14 avril 2016, Gus Van Sant donnait une leçon de cinéma à la Cinémathèque française à l'occasion de l'exposition qui lui était consacrée.
« J'ai toujours été influencé par des films avec des dispositifs forts. Des films remettant en question le système et les sacro-saintes règles. » (Gus Van Sant)
Rencontre animée par Matthieu Orléan.

Freud, Sartre, Huston et les autres. Table ronde

1h21min20

À la fin des années 1950, John Huston, cinéaste passionné d'aventures et d'« exploration », a une idée doublement iconoclaste : consacrer un film de fiction au jeune Sigmund Freud, et en confier le scénario à... Jean-Paul Sartre, le philosophe de l'existentialisme qui avait pourtant dit et écrit ne pas croire à l'inconscient, et qui étonnamment accepte la proposition. Dans Freud, passions secrètes, Montgomery Clift incarnera le rôle du jeune homme de sciences qui, au cours de la période « héroïque » des débuts, à la fois seul, incompris et névrosé, hésitant et déterminé, va recourir à l'hypnose avant d'inventer, à la fin du XIXe siècle, une méthode inédite pour accéder à ce qui échappe à la conscience de l'homme et, en même temps, le détermine. C'est l'histoire de ce scénario impossible et des rebondissements menant au film qui vaut d'être racontée : parce qu'elle en dit long sur Sartre, sur Huston aussi, et parce qu'elle relance de façon spectaculaire la question de la figuration de la psychanalyse au cinéma, une représentation que Freud lui-même avait en son temps considérée comme irréalisable.

Table ronde avec Élisabeth Roudinesco (historienne de la psychanalyse, biographe de Freud et Lacan), Raymond Bellour (théoricien et essayiste sur le cinéma et la littérature) et Alexis Chabot (maître de conférences à Sciences Po), animée par Bernard Benoliel.

L'Œil des monstres : traversée de John Huston. Conférence de Pierre Berthomieu

1h44min28

Scénariste privilégiant les adaptations impossibles, aventurier excentrique, John Huston fut d'abord un « cinéaste classique ». Son indépendance farouche révéla ensuite un grand narrateur mais anti classique – sans doute le véritable Huston, naturaliste, moderne, mais porté par l'obsession du mythique. On pourra ainsi traverser les périodes créatrices d'un cinéaste irréductible aux grilles thématiques, à l'aise avec l'échec de l'immense.

Changements de têtes, de Méliès à David Lynch. Conférence de Diane Arnaud

1h32min41

Un comédien qui interprète plusieurs rôles attire irrésistiblement l'attention. Dans l'autre sens, les manipulations plastiques de son image, dédoublée ou transformée, peuvent démonter son jeu et menacer sa présence au point d'opérer un remplacement par un autre acteur. Ce sont ces destins d'images, spectaculaires et périlleux, qu'il s'agira de raconter, de Méliès à Face/Off en passant par Lost Highway.

Derrière le miroir, trucages, jeux d'optiques et effets d'étrangeté dans les films de Raoul Ruiz

2h16min05

Les expérimentations techniques sont au cœur de nombreux films de Raoul Ruiz, car il aimait faire des jeux d'images comme on fait des jeux de mots. Nombre de ses films ont été tournés avec des budgets souvent dérisoires, parfois avec des chutes de pellicule, une caméra prêtée et le concours bénévole d'amis acteurs et techniciens. Sur le plan technique, cette utilisation des trucages directs correspond à une méthode que Ruiz ne cessera d'explorer.

River Phoenix : un ange engourdi. Conférence de Jean-Marc Lalanne

1h40min08

Tapin narcoleptique entre assomption et évanouissement, River Phoenix incarne dans My Own Private Idaho la quintessence du nouage van-santien entre angélisme et autodestruction, jeunesse suave et trépas imminent. Cette figure, l'acteur l'a aussi prolongée dans la vie, jusqu'à disparaître à l'âge de vingt-trois ans d'une overdose. De sa brève mais intense filmo d'acteur aux œuvres qui le réfléchissent comme icône (My Own Private River, le film de James Franco à partir des rushes de celui de Gus Van Sant), pérégrination sur les traces du plus vibrant des anges foudroyés.

Nitrates d'outre-mer ! Cartographies maritimes imaginaires de Raoul Ruiz. Conférence de Gabriela Trujillo

1h15min49

Périples, errances, jeux de l'oie et voyages initiatiques : Raoul Ruiz, fils de marin, est sans conteste l'un des grands maîtres dans l'art de la navigation. Son cinéma tresse faits divers, légendes, superstitions et adaptations-« poursuites » des grands classiques (Stevenson, Homère, Proust, Balzac) pour renouveler l'imaginaire de la traversée.

Dreamachine cinéma : l'art de Gus Van Sant. Conférence de Matthieu Orléan

1h44min14

Auteur solitaire, à part, hors des territoires bien marqués du cinéma américain, Gus Van Sant n'en est pas moins un artiste sous influence, complice d'une Beat Generation qu'il côtoya et dont il se fit, par son anticonformisme, un héritier proclamé et discret. On exposera les manifestations de cette influence (William Burroughs, Allen Ginsberg, Ken Kesey...), mais aussi ses résurgences plus secrètes, culminant avec Gerry, film-transe au défi ultra-sensoriel, une sorte d'incarnation de cette Dreamachine créée par l'artiste Brion Gysin en 1962 et dont Burroughs fut l'un des premiers utilisateurs.