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Bahaa Trabelsi - 05 - La société marocaine

Bahaa Trabelsi

05min02

Séquence 1 " Je suis croyante et l'Islam est ma religion mais j'ai ma manière de voir l'Islam. Je pense que chaque individu a sa manière de voir une religion, que ce soit l'Islam ou une autre religion. En revanche, je suis extrêmement perturbée d'être dans un système qui soit régie par l'Islam parce que je ne m'y retrouve plus. Ce n'est plus mon Islam, c'est celui de tout le monde et en plus je le trouve répressif, avec beaucoup d'interdit, avec beaucoup de tabous dans lesquels je ne me sens pas concernée. Mon Islam à moi, il est dans l'ouverture, dans la tolérance, dans la générosité, dans la bonté. Je pense que la religion est un choix individuel. J'ai du mal à comprendre qu'une religion soit un choix collectif ou une tactique pour diriger. Mon Islam à moi, il est dans la féerie, dans les miracles. Je ne suis plus une enfant mais je résonne toujours de la même manière. Ce n'est pas forcément simplet ; c'est extrêmement riche. Aujourd'hui, il y a beaucoup d'amalgames qui sont fait. Aujourd'hui Islam signifie terrorisme, fondamentalisme ou intégrisme hors l'Islam c'est tout sauf cela. Je croix que l'Islam signifie beaucoup de choses pour ceux qui y croient. " Séquence 2 " Je pense qu'il y beaucoup de bonnes choses dans les traditions. Il devrait y avoir une certaine sérénité à faire coexister les traditions et la modernité. Il faut conserver les traditions qui ne s'inscrivent pas dans une atteinte aux droits de l'homme, ou dans l'humiliation ou portant atteinte à la vie humaine. Par exemple, dans le mariage ou la jeune fille doit être vierge et doit le montrer. Cela, je pense que ce sont des traditions qui n'ont absolument plus lieu d'être. Je trouve que c'est une agression. Il y a des traditions qu'on doit préserver surtout des traditions festives. Et même tout ce qui est funérailles car nos traditions permettent de faire réellement un deuil par rapport à une perte. " Séquence 3 " Je crois que nous sommes des écorchés vifs, que l'on ne s'est pas encore remis de tout le massacre qu'il y a eu dans ce pays. Nous avons besoin d'une grande thérapie de groupe. Nous avons besoin de dire tout ce qui n'a pas ne nous a pas été possible de dire durant des années. Je pense que la transparence est une chose très importante pour pouvoir avancer. "

Bahaa Trabelsi - 03 - Couple, sexualité

Bahaa Trabelsi

03min28

Séquence 1 " Je pense que la passion existe mais elle est éphémère. C'est quelque chose qui peut naître et mourir sur un feu de paille. L'amour, je ne sais pas comment le définir mais la relation entre un homme et une femme, si elle n'est pas basée sur une complicité, sur de l'amitié est vouée à l'échec car au-delà de la passion, si il n'y a pas grand choses de commun entre deux personnes cela fini par mourir. Ceci dit en ce qui me concerne, je ne crois pas en la pérennité des choses. Je veux dire qu'une relation entre un homme et une femme est appelée à avoir une fin un jour ou l'autre. Maintenant si au-delà de cette relation il reste l'amitié, la complicité, et qu'un jour la sexualité n'existe plus, ces deux êtres finiront toujours par se retrouver et par avoir des espaces de rencontre. " Séquence 2 " L'homosexualité est une orientation sexuelle au même titre que l'hétérosexualité donc l'homosexualité a toujours fait partie de notre réalité sociale. Elle a été plus ou moins bien vécue mais elle fait partie des droits élémentaires de l'homme : choisir son orientation sexuelle donc quand je parle d'un couple homosexuel, j'en parle au même titre qu'un couple hétérosexuel. Pour moi il n'y a pas de différence et je pense que la sérénité est la dedans. Il ne s'agit pas de tolérance, d'ailleurs je déteste ce mot mais d'acceptation, l'homosexualité fait partie de chacun de nous et l'accepter c'est arriver à en parler avec sérénité. Elle fait partie de l'ordre des choses. " Séquence 3 " L'homosexualité féminine fera sûrement l'objet d'un autre roman un jour. Je ne l'ai pas traité dans ce roman là mais j'ai beaucoup décrit la dessus en tant que journaliste. J'ai fait des dossiers sur l'homosexualité au Maroc et de la même manière que l'homosexualité masculine, cela fait partie de l'ordre des choses et même de moi. " Séquence 4 " L'homosexualité fait partie des tabous comme ailleurs. En ce qui me concerne c'est quelque chose que je n'arrive plus à comprendre. Je veux dire que c'est quelque chose qui fait tellement partie de l'ordre des choses que je ne peux même pas comprendre que l'on puisse encore en faire quelque chose de tabou mais voilà…. Il y a le poids de la religion, évidemment il y a le poids des traditions mais j'ai confiance en l'avenir car je suis sûre que c'est quelque chose qui finira par ne plus poser problème. "

Bahaa Trabelsi-02 - Ses romans

Bahaa Trabelsi

16min22

Séquence 1 " Quand j'ai écrit ce roman, je faisais de la lutte contre le SIDA, j'étais dans le milieu de l'homosexualité masculine, pour faire de la prévention sur l'utilisation des préservatifs et c'est comme ça que j'ai rencontré des personnages qui ressemblent à Jamal. Quand j'ai écrit le roman " Une vie à trois ", je l'ai senti tellement fidèle à cette réalité même au niveau du cadre. Par exemple quand je parle de Casablanca ou des lieux de Casablanca, je n'ai même pas changé les noms des lieux ni des quartiers. Même chose en ce qui concerne Marakech. C'est un peu comme si on se baladait dans une réalité, je savais que ce roman allait avoir un effet miroir et que beaucoup de gens allaient s'y reconnaître. C'est un peu une provocation car c'est la première fois qu'un romancier parle d'homosexualité au Maroc de bout en bout et je savais qu'il allait être lu. " Séquence 2 " Personne ne m'a remis en question sur ce roman. Tout le monde a apprécié. J'aurais eu un peu plus de critiques sur le plan littéraire car au niveau de l'écriture j'ai beaucoup à apprendre. Peut-être au niveau du récit, les choses sont plus élaborées mais sur l'écriture, il y aurait beaucoup de choses à dire. " Séquence 3 " Le personnage d'Adam est un gosse de riche qui était parti faire des études supérieures en France et qui a été amené à revenir pour diriger les sociétés de son père. Il s'est peut-être découvert à Paris mais il revient au Maroc par la force des choses. Evidemment, tous les repères qu'il a pu se construire ailleurs ne fonctionnent plus ici. Ici, c' est un peu le retour aux sources, c'est un peu le regard des autres, de son père et de sa famille. Donc quand il arrive ici, il est obligé de se reconstruire dans son propre contexte. C'est évidemment très facile de se découvrir émotionnellement à Paris et sexuellement aussi. C'est beaucoup plus difficile ici et je pense que le roman " une vie à trois " est une recherche de construction, d'existence d'Adam. Adam était un privilégié, et je pense qu'on a du mal à se dépettre des privilèges. Retourner au Maroc c'était la continuité de ces privilèges là. Il savait qu'en revenant au Maroc, il allait diriger des sociétés, et avoir une place importante dans ce pays. Il devait avoir une espèce de conflit intérieur entre son existence homosexuelle et la réussite sociale en revenant dans son pays où toutes les voix étaient déjà tracées. C'est un véritable voyage intérieur qu'il entreprend. " Séquence 4 " Pour moi Adam est le premier homme et que le premier homme n'a pas forcément la sexualité qu'on croit. C'est Adam et Jamal et pas Adam et Eve. J'ai choisi le prénom Jamal car Jamal veut dire beauté. Jamal est un personnage qui est extrêmement beau. C'était un peu la découverte de la beauté, de l'existence par Adam. Son existence en tant qu'homosexuel. " Séquence 5 " Leïla est un personnage qui existe et qui a senti dès le départ qu'elle devait exister et qu'elle devait réagir. Elle est sur sa propre quête d'existence. Sur son chemin elle rencontre des personnes qui n'acceptent pas que les autres existent donc forcément elle va se confronter à des critiques, à des gens qui vont être dérangés par sa présence. Leïla est une jeune adolescente qui a choisi un homme mûr pour avoir ses premiers rapports sexuels. Donc elle choisi un homme mûr qui vient ramasser les petites filles à la porte des écoles pour avoir un rapport sexuel avec elles. Leïla va choisir avec lui une piaule et là elle le provoque mais lui débande, il est un peu castré face à cette jeune fille dans la gloire de sa féminité qui est là en train de le provoquer et qui essaie de braver tous les tabous qui sont autour d'elle, elle essaie de banaliser ce passage à la sexualité. Mais en fait c'est lui qui n'y arrive pas car ce qui lui plaisait en cet acte, c'était de se retrouver face à une fille complètement virginale afin de faire exalter sa virilité. Hors cette fille existe tellement, que sa virilité à lui n'existe plus. Donc c'est une tentative qui est avortée à cause de lui parce que il y a quelque chose qui cloche dans le schéma. Les problèmes viennent du regard de l'autre, de la société, de son parcours, et elle ne rencontre pas toujours des gens qui vont comprendre sa manière d'exister. " Séquence 6 " En fait c'est la remise en question du couple et le troisième personnage est la pour fausser la logique du couple. Ces trois personnages sont à l'image du schéma parentale, père, mère et enfant avec tous les dilemmes et tout ce que cela sous-entend comme conflit intérieur ou comme recherche ou quête d'identité. Donc le troisième personnage est toujours contre ce qu'on peut appeler le " fusionnel " dans le couple. " Séquence 7 " Nous sommes polygames dans l'âme, polyandres pas du tout ! Effectivement le syndrome du harem existe toujours chez nous depuis des millénaires donc l'homme sera toujours un peu gêné d'entendre la femme dire " j'ai un autre homme dans ma vie ". Contrairement à la femme qui est déjà conditionnée pour ça. Donc quelque part il y a eu une évolution, un travail intérieur qui l'amène à se poser les bonnes questions. En ce qui concerne les relations homme/femme, en ce qui concerne l'amour si c'est exceptionnel ou non. La femme n'est pas dupe. Dans le prochain roman qui va sortir en mai, le personnage principal est un homme qui a trois femmes dans sa vie mais aucune d'elle n'est dupe et elles savent toutes que les autres existent. Je trouve que tout le monde trouve son compte dans un couple même si c'est du masochisme, même si cela fait mal, je crois que si on y est, c'est que l'on y trouve son compte. Cela fait parti d'un processus de soi, qu'on est à la recherche de quelque chose. En revanche lui il est tellement cloîtré, embrigadé dans ses visions d'homme dominant habitué à avoir plusieurs femmes dans sa vie que quand une femme vient lui dire qu'elle aussi peut avoir plusieurs hommes dans sa vie, il se sent agressé dans sa virilité. " Séquence 8 " J'ai un amour profond pour la ville de Casablanca donc quand on aime profondément quelque chose on lui tape dessus. Quand je dis que tout se côtoie dans cette ville, qu'elle crève de contradictions c'est la réalité. C'est une ville où l'on voit tous les extrêmes du Maroc. C'est une ville où l'on voit à la fois la pauvreté et la richesse mais dans l'excès, à la fois les traditions et la modernité, la coexistence de quartiers extrêmements beaux d'une architecture magnifique. Casablanca était une ville laboratoire de l'architecture du 20ème siècle au Maroc, mais en même temps coexistent des bidonvilles ou des quartiers où les gens vivent les uns sur les autres. C'est une ville qui est attachante car elle vibre de ses contradictions. C'est le coeur du Maroc car c'est là que tout commence, c'est là que tout peut finir. J'y suis très attachée. C'est là que peuvent naître les choses telles que l'intolérance ou l'acceptation. Parce que justement il y a cette profusion de manières d'être, cette manière d'exister. " Séquence 9 " Le parc de la ligue arabe " est le lieu de la prostitution masculine à Casablanca. C'est pour ça que j'ai écrit ce livre. Lorsque j'ai décrit " le parc de la ligue arabe " c'est uniquement pour situer le lieu où se déroule la prostitution masculine à Casablanca. Non seulement la prostitution masculine mais aussi la violence. C'est là où Jamal se fait violer par un flic parce qu'il n'a pas donné son bakchich et donc il se fait violer dans " le parc de la ligue arabe " Séquence 10 " Pour moi les mots, c'est la vie car c'est à travers des mots que l'on peut tout exprimer. Aussi bien la violence que la sérénité, que le dialogue, la communication. C'est vrai que les mots ont une énorme importance pour moi. Le mots dans mes romans sont tout simplement particuliers. Quand j'ai dit que la violence exprimée par les mots c'était dans les rapports père- fille. Lorsque Leïla se faisait réprimer, son père était très dur envers elle avec les mots et elle ressentait cela comme une sorte d'agression En fait c'est aussi mon rapport à moi avec les mots car en fait pour moi la seule violence possible, c'est la violence des mots. " Séquence 11 " Je ne me considère pas comme une romancière engagée. Je suis une romancière, tout court…. J'écris mes romans assez bohème. Il n'y a aucune cause, aucune lutte, aucune revendication, il y a juste peut-être une sorte de thérapie et par la suite l'expression d'un vécu de rencontres, quelque chose comme ça. Je ne me considère pas comme une romancière engagée. Je le suis peut-être par la force des choses ?. "

BT06 - Son prochain roman

Bahaa Trabelsi

06min57

Voir l'ensemble des programmes liés : Présentation de Bahaa Trabelsi Ses romans Couple, sexualité La question féminine La société marocaine Son prochain roman Séquence 1 " Le troisième roman raconte la presse, la liberté d'expression, et comment nous sommes passés des années de plomb aux années d'ouverture. Comment nous avons hérité de l'autocensure, comment nous avons hérité d'un système qui a fait de nous des êtres qui n'arrivent pas à exprimer totalement ce qu'ils pensent. C'est l'histoire d'un personnage qui est journaliste et qui essaie de se chercher dans tout ce malaise, dans toute cette perte de repères. Il essaie de voir comment il peut évoluer dans son métier et par rapport aux autres. Le roman commence par les deux marches pour la femme : la marche de Rabat des " modernistes " et la marche de Casablanca des " Islamistes ". En fait, c'est un journaliste qui doit couvrir l'événement et ne sait plus très bien lequel des deux il doit couvrir. Il ne sait plus très bien ce qu'il doit comprendre de ces deux marches. Cela continu dans une espèce de flou où rien n'est jamais dit… Je pense que la presse est un peu comme cela aujourd'hui, c'est-à-dire que les journalistes ne savent pas très bien sous quel angle se placer. C'est vrai qu'avec la parution du " journal marocain ", on avait réussi à dire certaines choses. En même temps, cela a été divisé en deux points de vue. Il y a ceux qui ont pensés que le Maroc devrait réhabiliter sa mémoire, réécrire son histoire, désigner par leur nom les tortionnaires qui ont fait du mal dans ce pays. Et il y a ceux qui ont dit que ce n'était pas le moment et que nous avions d'autres priorités. Donc, à travers ces deux tendances, la presse vit un peu un mal être car elle ne sait pas ce qui est important, ce qui ne l'est pas. La presse n'est pas un pouvoir dans ce pays. La presse est un pantin et aujourd'hui elle souhaiterait dire les choses telles qu'elles sont mais elle n'y arrive pas à cause de l'autocensure. " Séquence 2 " C'est la quête du personnage principale qui vit dans la schizophrénie totale. Il a trois femmes dans sa vie : l'une d'elle est juive marocaine, partie vivre à Paris, la seconde est une jeune fille marocaine voilée, elle est issue d'une famille pauvre, elle fait vivre toute sa famille en travaillant dans un bar la nuit. C'est une jeune fille aux deux visages, voilée la nuit, danseuse le jour. Et la troisième est une marocaine très tendance, moderne, active qui quitte un mariage un peu ennuyeux pour aller vivre avec ce journaliste qui est alcoolique. Tout ce roman est une histoire de la crise de la société marocaine, une recherche de valeurs et de repères ou il ne se passe rien parce que la recherche vient de commencer !... "

BT04 - la question féminine

Bahaa Trabelsi

07min09

Voir l'ensemble des programmes liés : Présentation de Bahaa Trabelsi Ses romans Couple, sexualité La question féminine La société marocaine Son prochain roman Séquence 1 " Les associations féminines peuvent avoir un rôle à jouer dans l'émancipation de la femme ne serait-ce que dans les débats, les revendications. Je pense qu'elles sont là pour ça. Moi-même si je veux engager un débat par rapport à cela, c'est dans une association que je le ferais et non pas dans un roman. " Séquence 2 " Pour moi toute la Moudawana est à bannir et il faudrait tout recommencer à zéro. L'âge du mariage, il faudrait encore que je crois au mariage, le divorce, la garde des enfants, je pense que c'est un débat qui doit être entre les parents. La polygamie est quelque chose qui ne devrait pas exister. Maintenant, qu'on ait plusieurs partenaires dans son existence c'est un choix de vie mais il ne faudrait pas que ce soit institutionnalisé. C'est un fait de société condamnable car il existe dans les textes. Mais encore une fois, on peut avoir plusieurs partenaires dans sa vie. C'est une aberration de vouloir simplement faire des réformes au niveau de la Moudawana. Pour que la femme puisse sortir du carcan où elle est, il faudrait que son statut juridique n'ai plus aucune relation avec l'Islam. Il faudrait qu'elle soit dans la laïcité.Aujourd'hui, au Maroc on peut être Ministre et être sous le joug de la répudiation et dans la polygamie et tout le reste. Pour moi, c'est quelque chose d'illogique, qui n'a pas lieu d'être. " Séquence 3 " Je pense qu'on a le travail qu'on mérite et que l'on veut bien se donner. Se retrouver seule au foyer, c'est aussi beaucoup de travail. Travailler, oui, que ce soit à la maison ou ailleurs, je pense qu'il faut y aller avec un soucis de se réaliser, de faire au mieux de ce que l'on sait faire. Je pense que ce n'est pas archaïque de travailler à la maison. Je pense que c'est un choix que toute femme à le droit de faire, Il ne faut pas oublier que c'est une masse de travail énorme qui est assez rébarbatif pour certaines, et qui peut être une source de plaisir pour d'autres. Tout travail peut être épanouissant. Maintenant que les femmes doivent rester au foyer, c'est une aberration ! Il y certaines femmes qui préfèrent avoir une activité à l'extérieur et d'autres qui préfèrent rester à la maison. Je pense que c'est un choix de vie que ce soit ici ou ailleurs. " Séquence 4 " Il n'y a pas une femme marocaine, il y DES femmes marocaines ; donc l'avenir des femmes marocaines sera celui qu'elles vont se construire. Je crois que les femmes marocaines sont dans une société de crise où il y a une crise de valeur, une crise des repères, et je pense qu'il est très difficile de savoir ce que l'on veut aujourd'hui. Evidemment, on veut les libertés, l'épanouissement, mais c'est vrai que les marocaines ont tendance à chercher cela dans un mimétisme par rapport à l'occident ou en adoptant aveuglement des valeurs qui ne sont pas forcément les nôtres. Je pense que ce qui est le plus important pour elles aujourd'hui c'est de faire un travail intérieur, pour savoir ce qui est intéressant pour elles, aussi bien dans les traditions que dans les modernités ou ce qu'elles ont envie de faire dans leur existence. La manière dont elles devraient gérer leur couple, leur famille, leur rôle dans la famille, dans la vie active ou dans tous les pôles de leur existence. Je pense que la liberté commence comme ça. Aujourd'hui on ne peut pas dire qu'on est dans une société où toutes les femmes vivent dans les mêmes conditions. Il y a la femme qui vit à la campagne qui est obligée de travailler comme une forcenée et l'intellectuelle de service qui vit dans tous les privilèges. Le tissus social est traversé de, de conditions complètement différentes les unes des autres. S'il y a une réflexion à faire. Elle doit se faire dans toutes les sphères et doit traverser ce tissus social. Il faut qu'il y ait un travail à la fois intérieur et un travail sur l'amélioration des conditions de vie et l'alphabétisation de la femme. Donc c'est un travail diversifié mais qui devrait se faire dans l'unité. "

BT01 - Présentation de Bahaa Trabelsi

Bahaa Trabelsi

00min11

" Je m'appelle Bahaa TRABELSI, j'ai fait des études de sciences économiques, j'ai écrit des romans et des nouvelles et je suis aussi journaliste. " Voir l'ensemble des programmes liés : Présentation de Bahaa Trabelsi Ses romans Couple, sexualité La question féminine La société marocaine Son prochain roman