Documents pour «Maison européenne des sciences de l'homme et de la société»

Soigner les personnes en situation de grande précarité

2h55min31

On peut supposer que la situation des personnes qui sont isolées,
désocialisées, mal hébergées ou sans-abri impacte à la fois le rapport
de ces personnes à la santé et les pratiques des professionnels
sanitaires et médico-sociaux. A partir de témoignages, l’espace éthique
de Lille propose d’approcher les réalités que recouvrent les concepts de
grande précarité ou de désocialisation.

En tant que soignant ou intervenant social, comment appréhender ces
situations et leurs impacts sur les relations de soins ? Que deviennent
les rapports au corps, à l’intime, à l’autre, au temps ? Quels enjeux
sont identifiés par les praticiens en termes de compétences, de moyens
et de réseaux à déployer ? Quels écueils et quelles difficultés ces
professionnels rencontrent-ils ? Concrètement, comment cela se passe ?




Entrée libre, sur inscription : www.eehu-lille.fr

En partenariat avec l’Espace Ethique Hospitalier et Universitaire de Lille.

Avec

Sylvie Bontemps, responsable du service social du CHU de Lille

Nathalie Denave, infirmière à Abej Solidarité

Hamel Djeddi, psychologue à Abej Solidarité, membre de l’équipe Diogène

Christelle Lemaire, coordinatrice du réseau santé solidarité

Francis Merckaert, médecin à Abej Solidarité et MSL - Médecins Solidarité Lille

Massimo Marsili, praticien hospitalier, responsable médical de l’équipe Santé Mentale et Précarité "Diogène", responsable de l’espace PluriSectoriel, responsable médical de la Pass-Psy de l’EPSM Lille Métropole

Rolande Ribeaucourt, directrice du pôle santé Abej Solidarité

Pauline Sweertvaegher, assistante sociale aux urgences du CHU de Lille

Franck Verbruggen, infirmier détaché du CHU à la CMAO - Coordination Mobile d’Accueil et d’Orientation, SAMU social

Animation

Michel Castra, Professeur de sociologie et d’anthropologie à l’Université de Lille et chercheur au CERIES

Vanessa Stettinger, Maître de conférences en sociologie à l’Université de Lille et chercheuse au CERIES













Cette manifestation est soutenue par le conseil régional Hauts-de-France dans le cadre du CPER ISI-MESHS.

Ecrire l'histoire par les marges : l’esclavage en Amérique du Nord (XIXe - XXIe s.)

Claire Parfait

1h56min28

La fin du XXe siècle a vu émerger une histoire-monde qui
questionne les modalités complexes de mise en relation des parties du
monde à travers la variation des échelles d’observation, des points de
vue. La traite négrière transatlantique fait partie de ces grands
mouvements historiques planétaires qui ont durablement marqué les
sociétés africaines et la société américaine. Comment appréhende-t-on
cette histoire aujourd’hui à l’échelle du globe ? Quelles voix et quels
témoignages sont parvenus jusqu’à nous ?

La table ronde mettra en regard les recherches de deux professeures
d’études américaines qui consacrent leurs travaux à l’étude de textes
écrits par des esclaves nord-américains ayant fui le Sud des Etats-Unis
dans la première moitié du XIXe siècle pour se réfugier au
Nord ou au Canada ainsi qu’à la trajectoire d’historiens africains
américains qui vécurent pendant et après l’esclavage, au moment où ils
durent affronter discrimination et ségrégation. Après une période
d’oubli, ces témoignages, ces textes resurgissent ou sont redécouverts.
Pour quelles raisons ? Qu’apportent-ils de nouveau et d’original ? Et
que nous disent-ils de la vie ordinaire et extraordinaire des
populations impliquées ?




Avec

Claire Parfait, Professeure d’études américaines et d’histoire du livre à l’Université Paris 13 et chercheuse au laboratoire Pléiade.

Marie-Jeanne Rossignol, Professeure d’études américaines à l’Université Paris Diderot et chercheuse au LARCA

Animation

Audrey Célestine, Maître de conférences en civilisation américaine à l’Université de Lille et chercheuse au CERAPS













Cette manifestation est soutenue par le conseil régional Hauts-de-France dans le cadre du CPER ISI-MESHS.

Aux marges, citoyens !

Michel WIEVIORKA

1h16min34

Les traditions historiques et sociologiques se sont depuis longtemps
intéressées à l’ambivalence et à la complexité des marges et de la
marginalité. Elles ont mis l’accent sur les phénomènes d’exclusion,
d’acculturation et sur la participation des marges à la transformation
des sociétés.

Mais qu’est-ce qu’être aux marges ? Qui produit les normes ? Comment
devient-on marginal ? Est-ce une situation objective ou le résultat d’un
regard porté sur soi par les autres ? Les marges provoquent parfois une
crainte, mais elles éveillent aussi des images positives. Elles peuvent
représenter une fragilité, une difficulté, voire une menace. Elles
évoquent tout autant la capacité d’une société à inventer, à innover et à
se transformer.

Etre ou agir aux marges, ce n’est donc pas seulement vivre à l’écart ou
en dehors du « système », subir le non-accès aux biens économiques ou
culturels du monde moderne. C’est aussi, pour l’individu, agir contre
les vents dominants, exprimer sa singularité, exercer sa liberté,
s’opposer.




Avec

Michel Wieviorka, sociologue, Directeur d’études à l’EHESS, président de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme (FMSH).

Animation

Jean-Gabriel Contamin, Professeur de science politique à l’Université de Lille, chercheur au CERAPS et Doyen de la Faculté des Sciences Juridiques, Politiques et Sociales.










Cette manifestation est soutenue par le conseil régional Hauts-de-France dans le cadre du CPER ISI-MESHS.

Vers une Chine créative: quelle liberté de pensée et d’action créative dans un régime fort ?

1h26min37

Vers une Chine créative: quelle liberté de pensée et d’action créative dans un régime fort ?   Conférence de Christine Liefooghe, animée par Éric Leclerc Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" La Chine a choisi de participer à la mondialisation capitaliste: elle est devenue «l’atelier du monde». Désormais, la Chine innove et veut devenir le studio créatif de l’économie mondiale. Le ralentissement de la croissance et les défis engendrés par une forte pollution l’exigent et depuis 2006, les plans quinquennaux du gouvernement soutiennent les industries créatives. Des quartiers culturels émergent dans les friches industrielles des villes chinoises, comme les très touristiques M50 de Shanghai ou 798 Art Zone de Pékin. Shenzhen, ville construite par et pour l’industrie d’exportation, est depuis 2009 «Ville Unesco du design» et Shanghai aménage un quartier de la mode pour concurrencer Paris, Londres ou New York. Pour un Occidental, imaginer des Chinois créatifs dans un régime politique fort qui limite la liberté d’expression relève du paradoxe. Si les autorités souhaitent «libérer le gène créatif» du peuple, quelle liberté est accordée aux artistes? Dissidence et création artistique font-elles bon ménage avec la «bonne créativité» à laquelle aspire le Parti Communiste Chinois? L’économie culturelle et créative «à la chinoise» est-elle le cheval de Troie de l’émancipation politique ou une nouvelle forme de domination des consciences?

Le collectif de l’émancipation. Trouver le "nous" des luttes féministes

1h25min37

Le collectif de l’émancipation. Trouver le "nous" des luttes féministes   Conférence d’Estelle Ferrarese, animée par Mariella Palmieri Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Si dans la plupart des luttes politiques et sociales la question du sujet collectif qui les porte - la question du «nous» - va de soi, les discours comme les théories féministes sont régulièrement hantées par l’absence de ce «nous». C’est le problème par lequel Simone de Beauvoir commençait Le Deuxième Sexe, écrivant que «les femmes ne se posent pas authentiquement comme Sujet […] C’est qu’elles n’ont pas les moyens concrets de se rassembler en une communauté qui se poserait en s’opposant. Elles n’ont pas de passé, d’histoire, de religion qui leur soit propre; elles n’ont pas comme les prolétaires une solidarité de travail et d’intérêts». C’est aussi le problème que soulevait le black feminism en dénonçant l’idée de sororité comme une invention des femmes blanches, porteuse d’oppression. Il s’agira donc de penser l’émancipation dans une telle configuration.

Les migrants de Calais: de la clandestinité à la communauté

1h36min13

Les migrants de Calais : de la clandestinité à la communauté   Entretien avec Sophie Djigo, mené par Daniel de Roulet Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Les droits politiques sont l’apanage des citoyens, constitués en peuple au sein des États-nations. Dans ce contexte où les États se définissent par leur territoire et leurs frontières, et les citoyens, par leur appartenance nationale, comment exister en tant que sujet politique lorsqu’on est migrant? Quels droits ont ces individus qui vivent en transit à même les espaces nationaux? Comment se constituer en communauté lorsqu’on est clandestin, sans statut et sans voix ?

Les tiers-lieux de l’économie collaborative: quel pouvoir d’agir face à la révolution transhumaniste ?

2h03min38

Les tiers-lieux de l’économie collaborative: quel pouvoir d’agir face à la révolution transhumaniste? Table ronde avec Rodolphe Astori, Marie-Christine Bureau, Chris Delepierre, Pierre Trendel, animée par Christine Liefooghe Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Le monde de demain sera-t-il celui du smartphone qui évalue notre performance heure par heure en fonction de notre profil Big Data, des drones qui livrent à domicile ce que le frigo a commandé à Amazon, des diagnostics médicaux établis par Watson, le programme d’intelligence artificielle d’IBM? La révolution transhumaniste qui s’annonce et le pouvoir grandissant des Google-Apple-Facebook-Amazon en inquiètent plus d’un. Quelle liberté d’agir nous restera-t-il? La domination des géants du Web californiens s’apparente à une soumission volontaire des citoyens devenus consommateurs, voire «usagers». Mais un autre monde émerge aussi dans les tiers-lieux, des espaces qui rendent à chaque citoyen son pouvoir créatif, sa capacité d’agir pour développer, s’il le souhaite, une économie plus coopérative, durable et solidaire. FabLabs, makerspaces, hackerspaces, coworking spaces autorisent le Do-it-yourself (Fais-le toi-même), l’innovation sociale, le partage des expérimentations en mode opensource, etc. La table ronde donne la parole aux témoins de cette émergence des tiers-lieux dans le monde, en France et à Lille. Nous débattrons ainsi des vertus du bidouillage, de l’apprentissage par expérimentation, du travail collaboratif mais aussi des questions économiques, politiques et sociales que soulèvent les nouvelles formes de travail et le partage de la valeur créée (mouvement des Communs).

Combattre le racisme aujourd'hui : la présidence d'Obama à l'épreuve du pouvoir politique

1h43min59

Combattre le racisme aujourd'hui : la présidence d'Obama à l'épreuve du pouvoir politique Conférence de Nicolas Martin-Breteau Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Les deux mandats de Barack Obama comme président des États-Unis (2009-2017) ont constitué un événement majeur dans l’histoire contemporaine américaine. Pour la première fois, un président considéré comme noir a gouverné un pays dont la société s’est historiquement construite sur l’oppression institutionnalisée de la minorité africaine-américaine. Pourtant, loin de faire entrer le pays dans une ère «post-raciale», la présidence Obama a fait face à une exacerbation des tensions raciales inouïe depuis le Mouvement pour les droits civiques des années 1950 et 1960. Barack Obama a cherché, de façon parfois paradoxale, à répondre à la situation économique et sociale catastrophique des classes populaires noires en s’inspirant de deux traditions de l’histoire africaine-américaine: renverser les préjugés du groupe dominant; réformer les structures de la société englobante. L’expérience politique léguée par ses huit années au pouvoir interroge les formes que peut aujourd’hui prendre l’action politique contre les inégalités de race. La présidence Obama puis l’élection retentissante de Donald Trump posent la question plus générale de l’intersection des luttes minoritaires pour l’égalité, qu’elle soit de race, de classe ou de genre.

Le concept d'empowerment en santé

2h24min10

Le concept d'empowerment en santé Rencontre en partenariat avec l’espace éthique hospitalier et universitaire (EEHU) de Lille, avec Nathalie Assez et Véronique Brunaud-Danel, modérée par François-René Pruvot Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Médecine participative, patient compétent, patient expert, autonomisation, éducation thérapeutique, «self management» ou encore «empowerment»... De quoi parlons-nous? S’agit-il de nouveaux faits ou de réalités renommées? L’empowerment est-il un concept pour lui-même? Une idée économiquement intéressante ? Une réponse utile pour le patient? L’empowerment est défini comme un processus par lequel une personne malade, au départ d’une situation ou d’un sentiment d’impuissance, augmente sa capacité à identifier et satisfaire ses besoins, à résoudre ses problèmes et mobiliser ses ressources, de manière à avoir le sentiment de contrôler sa propre vie. Les soignants peuvent-ils contribuer à cette forme d’autonomisation des patients? Dans quelles mesures? Quel est le poids des protocoles de soins sur le ressenti des patients, en termes de choix, de maîtrise, d’identité? L’idée louable du «patient-sujet» transforme-t-elle impérativement toute personne malade en acteur de sa propre santé, avec une responsabilité de fait et par conséquent étendue? Qu’est-ce qui rend légitime cette idée? Quels écueils risque-t-elle de rencontrer? Empowerment rime-t-il forcément avec liberté? Efface-t-il l’implacable fossé entre le soigné et le soignant? Gomme-t-il la dimension de secours du soin? Qu’en est-il de la vulnérabilité et de la fragilité? Que partage-t-on: le pouvoir ou l’impuissance? Quels sont les enjeux éthiques de ce concept difficilement traduisible: pour les soignés, pour le soignants, pour la relation soignant-soigné? Deux intervenantes, diplômées en éthique et membre de l’EEHU, proposeront des éléments de réponse.

L'empowerment, une pratique émancipatrice ?

1h52min16

L'empowerment, une pratique émancipatrice ?   Conférence de Marie-Hélène Bacqué Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" Face aux limites de notre système démocratique, comment les citoyen(ne)s peuvent-ils construire des alternatives, engager des processus de transformation sociale et d’émancipation ? Comment peut-on redonner place à leur capacité d’initiative? Ce questionnement est à l’origine du succès récent en France de la notion d’empowerment désignant le «pouvoir d’agir» des individus et des groupes. Ce concept a une plus longue histoire dans le monde anglophone et dans les institutions internationales où il s’est diffusé depuis les années 1970. Des mouvements féministes de Nord et du Sud jusqu’aux programmes de la Banque mondiale et de l’ONU, la notion est utilisée dans des interprétations très différentes, aussi bien dans une perspective radicale d’émancipation que pour conforter les visions néolibérales. Quel peut être son apport dans le contexte français? Marie-Hélène Bacqué, en s’appuyant sur un ouvrage publié avec Carole Biewener, professeure d’économie et d’études du genre à Boston, reviendra sur la généalogie de cette notion et sur la façon dont elle l’a mobilisée dans un rapport sur la participation dans la politique de la ville rédigé avec Mohamed Mechmache, dirigeant du collectif ACLEFEU.

Le transclasse: une figure d'émancipation ?

1h39min46

Le transclasse : une figure d'émancipation ? Conférence de Chantal Jaquet, animée par Bruno Ambroise Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales "S'émanciper" La mobilité sociale apparaît comme une forme de liberté dans la mesure où le transclasse échappe à la condition et au destin de sa classe d’origine en déjouant la loi de la reproduction pour connaître un sort différent. La question se pose de savoir cependant si le transclasse est véritablement une figure d’émancipation et s’il ne risque pas de perdre son âme et de s’aliéner dans le changement de classe en reniant les siens et en servant d’alibi au maintien de l’ordre établi. Comme le faisait valoir Michelet, «le difficile n’est pas de monter, mais en montant de rester soi». Il n’est pas certain que l’on puisse légitimement parler d’ascension sociale et assimiler sans réserve le parcours du transclasse à une espèce d’élévation, de promotion et de conquête de liberté. En prenant appui sur l’examen de diverses figures de transclasse, il s’agira d’examiner à quelles conditions la mobilité sociale peut être un facteur d’émancipation ou au contraire un frein pour la liberté.

Révolution et émancipation

Sophie WAHNICH

1h47min26

Conférence de Sophie Wahnich, animée par Alain Cambier Dans le cadre du 9e Printemps des sciences humaines et sociales La liberté de penser, d’opiner, de voter, conduit en 1789 chaque individu à pouvoir faire pencher la balance politique hors des carcans de la société d’ordre et des inscriptions socio-mentales traditionnelles. L’attachement à la liberté et à l’égalité passe par des processus de subjectivation qui sont autant argumentatifs qu’émotionnels dans les lieux multiples du politique qui s’inventent: les assemblées, la section, la société populaire, la commune, le théâtre, la place, la rue, la queue, la foule, la guinguette. Ce sont alors des manières d’agir et des dispositifs qui permettent d’articuler de nouveaux rôles sociaux dans des stratifications sociales fluides. «Qu’est-ce qu’un homme révolutionnaire?» interroge Saint-Just le 26 germinal an II. Un homme sensible. L’émancipation politique passe par le sensible !