Documents pour «big data»

Comprendre les origines de la pensée : du big data sur des images cérébrales

Gaël VAROQUAUX

26min54

Comment reconnaissons-nous quelqu’un  ? Comment le cerveau manipule-t-il les nombres ? Les neurosciences cognitives cherchent à comprendre comment les  pensées et processus mentaux émergent des millions de neurones de notre cerveau. L’accumulation d’images de fonctionnement du cerveau fournit des données uniques pour cette recherche. Mais des grosses données ne suffisent pas à faire avancer la compréhension du cerveau. Gaël Varoquaux nous explique comment reformuler des questions de sciences cognitives de façon formelle, propices à être résolues par un ordinateur; comment cela conduit à développer des outils de fouille de données adaptées; et quelle image du fonctionnement du cerveau transparait des données. Pour en savoir plus.

Quelles adaptations globales seront nécessitées par la e-santé

Denis GARCIA

18min56

L’objectif de cette intervention est de présenter les adaptations globales qui seront nécessitées par la e-santé : Ce panorama général des grandes adaptations est basé sur les éléments dont dispose le LEEM (Les Entreprises du Médicament) et sur les actions qu’il a été mené en matière de  e-santé jusqu’à présent. Sans vouloir lister l’intégralité des grandes adaptations que nécessitera la e-santé, la présentation montrera l’étendue des champs d’application qui sont révélés au fur et à mesure de la révolution numérique. 

Technologies digitales pour le développement clinique

Christel ERALES

26min10

L’arrivée à maturité d’un certain nombre de technologies permet de considérer leur usage pour améliorer la rapidité, les coûts et la qualité du développement clinique pharmaceutique. Nous donnerons quelques exemples où les technologies numériques peuvent y être appliquées.    

Suivi de patients atteints de polyarthrite rhumatoïde : intérêt d'une application pour Smartphone

Yves-Marie PERS

14min06

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est le rhumatisme inflammatoire le plus fréquent de l'adulte, touchant près de 0,4% de la population générale. Elle représente un véritable enjeu de santé publique, par sa fréquence et son coût direct (lié aux nouveaux traitements par biothérapies, environ 10 000 euros/patient/an), mais aussi son coût indirect (arrêts maladie, mises en invalidité reliés aux poussées douloureuses ou aux déformations irréversibles). Les recommandations internationales préconisent un contrôle strict (rémission ou activité faible) de la maladie, pour éviter l'apparition de destructions articulaires afin de réduire l'impact fonctionnel de la maladie à long terme et d'améliorer la qualité de vie des patients. Cette prise en charge repose sur un suivi rapproché nécessitant des visites régulières auprès du médecin spécialiste ce qui représente un coût supplémentaire (transport, visites). Dans ce contexte, la télé-médecine est de plus en plus évoquée comme une approche complémentaire dans la prise en charge de ces patients chroniques. En effet, celle-ci peut permettre le suivi à domicile des patients à l’aide d’outils d’auto-évaluation de la maladie (auto-questionnaires RAPID3, HAQ et DAS28). Des économies de santé en termes de réductions de nombre de visites médicales et du nombre de déplacements peuvent donc être envisagées.   L’application smartphone « SATIE-PR », que nous avons développé conjointement avec la société BodySens, constitue un outil original de télémédecine dédié à la PR. Il permet un suivi personnalisé des patients et contient une interface à la fois ludique et facile d’utilisation mais exhaustive incluant des questionnaires de qualité de vie (HAQ, SF12, EQ5D), des données d’auto-évaluation de l’activité (RAPID3) ainsi qu’une mesure simple de la force de préhension de la main.

Intégrer en formation des solutions innovantes pour améliorer la sécurité des médicaments

14min25

Des accidents récents ont sensibilisé les autorités et le grand public à la nécessité de transparence et de sûreté dans l’évaluation des produits de santé.   Afin que la recherche médicale reste compétitive en Europe, il conviendrait de remonter la chaîne de valeur de l'essai en développant des outils innovants car d’ici à 2030, l’augmentation exponentielle des volumes de données, couplée à l’émergence de capacités de corrélation et d’analyse, donnera une puissance sans précédent aux réseaux connectés dans presque tous les endroits du monde. Nous entrerons alors dans l’ère des solutions de données, aujourd’hui limitées par le fait que les quantités de données accumulées dépassent la capacité des systèmes à les utiliser avec efficience. Dans le domaine des essais, l’apparition des bases de connaissances sera concomitante de la mise en relation (par chaînage) des bases de données cliniques, de pharmacovigilance (Eudravigilance) et de monitoring (RiskBased Monitoring). Cela permettra la détection de signaux d’alerte précoce et la possibilité d’une sécurité passive d'un développement clinique durable."

Plateforme régionale de télé-imagerie : enseignements des 1er mois de fonctionnement

09min24

Suite au choix de l’opérateur (consortium IDO-in / CGTR) en 2015, une plateforme de télé-imagerie a été mise en place. Le premier marché subséquent choisi est dédié à la prise en charge de l’AVC (Accident Vasculaire Cérébral). La zone géographique concernée compte 7 UNV. Au vu de cette disponibilité, exceptionnelle par rapport aux autres régions de France, la coordination régionale dans la prise en charge de l’AVC, a prôné une direction directe par le SMUR vers une UNV dans le cas où cette dernière se trouve à moins d’une heure de route. Les seuls territoires à plus d’une heure d’une UNV sont la Lozère et le plateau Cerdan dans les Pyrénées Orientales. Dans ce cas, l’orientation vers un service d’urgence reste incontournable et une solution spécifique a été mise en place. Ainsi, grâce à la téléconsultation, les médecins urgentistes peuvent demander l’avis de neurologues du centre expert. Le CHU de Montpellier est le centre expert de référence. Le GCS e-santé LR, après la mise en place technique de la plateforme, poursuit son action en accompagnant constamment les utilisateurs dans les 1ers usages : sensibilisation à l’usage de la plateforme de télémédecine, formation à son fonctionnement, écoute des premiers retours d’expérience dans le but de l’améliorer.

La longue durée en débat

Gabriel GALVEZ-BEHAR

1h56min00

La notion de « longue durée », qui a donné son titre à un célèbre article de Fernand Braudel publié dans les Annales en 1958, vient d’être l’objet de nouvelles propositions historiographiques formulées par David Armitage et Jo Guldi dans leur contribution au dernier numéro des Annales et dans un ouvrage intitulé The History Manifesto. Les deux auteurs regrettent l’abandon des études de longue durée par les historiens. Ils plaident pour un retour à ces approches, qui s’appuierait sur les nouvelles techniques de traitement des données massives (big data) et sur l’ambition d’un rôle nouveau à jouer dans l’expertise politique. Ce faisant, ils ont lancé un débat international dont les Annales se sont fait l’écho. Cette rencontre sera l’occasion de revenir sur les différentes dimensions de cette controverse qui met en jeu à la fois les méthodes scientifiques et la fonction sociale de l’historien, et d’en mesurer la portée. En savoir plus

Objets connectés, Sécurité & Ethique

Denis GARCIA

26min59

L’accès direct au dossier médical informatisé s’impose de façon nette et progressive. Ce n’est pas pour désinvestir les professionnels de leur mission mais certainement pour favoriser une responsabilisation des personnes. D’autant plus qu’à son domicile, la personne peut également recourir aux informations accessibles via les portails santé internet et vivre ainsi douloureusement et dans la solitude des choix importants. La notion d’éthique peut être perçue comme un révélateur des sensibilités de l’hôpital mais aussi des tensions qui s’y manifestent. Les Systèmes Informatisés (SI) de santé peuvent rapidement exacerber ces tensions.   Désormais de multiples intrusions en compromettent l’esprit, via l’informatisation et les divers projets de regroupement des données sociales et médicales. L’idéal de transparence remet en cause le « colloque singulier » mais aussi les règles du secret. On admet que l’information soit partagée sans poser les sauvegardes nécessaires à l’ensemble. Ce sont ces liaisons passionnelles entre éthique et SI de santé que nous tenterons de décrypter. 

Nouveau référentiel des métiers & compétences, le plan biotechnologies 2020.

Arnaud CHOUTEAU

27min53

Après un rappel du plan « compétences Biotech» établi pour les référentiels de formation, un zoom sera fait sur les Solutions multi technologiques de santé qui sont à présent nécessaires. Seront ainsi présentés des exemples de l’impact du numérique sur les compétences et les métiers des futurs professionnels du secteur de Santé (Big data, recherche…).  

Prescription médicamenteuse et informatisation, gestion des risques en Santé

Denis GARCIA

19min33

Dans le cadre des évolutions des technologies liées aux systèmes d’information de santé il est communément admis que l’informatisation d’un process contribue à une plus grande sécurisation des différentes actions de prises en charge d’un patient   Dans cette révolution en cours, les directions des systèmes d’information des établissements de santé se distinguent par leur rôle central : après avoir longtemps été cantonnées à outiller des processus administratifs ou de gestion, les voici maintenant au cœur de la prise en charge médicale. Ce positionnement est désormais névralgique pour une structure de santé ainsi que pour ses professionnels de santé. Toutefois, aujourd’hui, il est aussi évident de constater que les rapports se succèdent en Europe et aux États-Unis pour dénoncer l’augmentation sans précédent des décès ou complications dues à des erreurs médicales totalement évitables en liaison avec l’utilisation de l’outil informatique. (http://www.healthcareitnews.com/news/deaths-by-medical-mistakes-hit-records). Le propos ne sera donc pas celui de l’informatique, de la technique, mais bien celui des organisations liées au process d’informatisation dans des structures de santé. L’objectif est, ici, de commencer à aborder les rapports complexes et agités existant entre informatisation et sécurisation des process de prise en charge des patients.

La bioéthique à l’épreuve des nouvelles technologies en santé.

25min27

A
la fin des années 1970, au début des années 1980, dans la poussée des
extraordinaires progrès biotechnologiques, les techniques d’assistance médicale
à la procréation ont été appliquées à l’homme. Le décryptage du génome humain a
ouvert la possibilité d’en modifier les caractères. La révolution informatique
a modifié notre regard sur la manière d’envisager la vie et le soin au patient.
De manière paradoxale, le développement des soins palliatifs à cette époque
n’est peut-être pas anodin.

 

Il
n’est pas inutile de rappeler que les lois bioéthiques, à l’origine programmées
pour encadrer les techniques d’assistance médicale à la procréation ont, de fil
en aiguille, amené, par une réflexion plus globale, à la révision des lois
informatiques et libertés par le fait que des fichiers étaient nécessaires pour
tracer, répertorier les gamètes et les embryons générés. Au delà de l’aspect
purement technique, les discussions ont porté sur le statut de l’embryon :
chose ou personne ?  Les gamètes,
l’embryon étant des « produits du corps humain », la réflexion s’est
étendue aux greffes d’organes et les modalités d’attribution des greffons. On
est passé de la « loi sur la bioéthique » aux « lois

µbioéthiques ».

Plus
près de nous, les débats sur l’utilisation de cellules souches issues
d’embryions humains, du liquide amniotique ou des cellules pluripotentes
induites ont pour motif les espoirs que donnent la médecine régénératrice pour
remplacer une fonction ou un organe défaillants. Ce débat est ravivé par les
modifications génétiques sélectives apportées par les techniques CRISPR-Ca9,
les « ciseaux d’ADN », qui
permettraient de modifier un génome humain ou bactérien. A quelles fins ?
On pourrait aussi évoquer toute la littérature actuelle et parfois les
fantasmes sur « l’homme augmenté », sans oublier l’attitude à avoir
chez les personnes en fin de vie.

 La relation médecin-malade s’est aussi trouvée
modifiée avec l’apparition des différents moyens mis à leur disposition.  La contemplation du scanner, de l’IRM ou de
l’échographie a remplacé l’examen clinique. La nécessaire traçabilité amène à
regarder l’écran de l’ordinateur plutôt que le patient. Le téléphone portable
s’insinue dans le colloque singulier.

En
fait, de quoi s’agit-il ? Il s’agit de l’homme (et de la femme) qui n’est
pas un moyen, il (elle) est une fin en soi. Il (elle) est vulnérable. La
connaissance, la technique et sa mise en œuvre sont à son service et non pas
l’inverse. Une visée bonne passe par le
crible de la norme (Paul Ricoeur). L’acte de soin est d’abord une relation
humaine qui passe par le regard. 
Respecter une personne, n’est-ce pas d’abord la regarder avec attention
(respicere). Ce qui est techniquement
faisable doit-il être fait ou permis ? Un
homme ça s’empêche, disait Camus. Au plan collectif, la réflexion des
comités est utile dans la foulée des éthiques
de la discussion (Habermas, Ricoeur), du contrat (Rawls). Il n’en reste pas
moins que ce que la société permet dans le cadre et la limite de la loi  peut et doit continuer à se discuter au plan
éthique. Tout ce qui est légal n’est pas nécessairement éthique. 

Impacts de la révolution numérique sur l’approche clinique et le suivi des patients.

25min15

La médecine doit être à la fois spécialisée, innovante, efficace, sans perdre de son humanité. Les moyens biotechnologiques ou numériques n'éloignent pas en eux-mêmes ; c'est la façon de s’en servir qui éloigne ou qui rapproche. Ainsi, un geste d’imagerie interventionnelle ou de chirurgie robotisée et la téléassistance à un malade ne dispensent pas de la qualité de la présence, du choix des paroles et du doigté de l’annonce et de son accompagnement. C'est pourquoi la formation conjointe des médecins et des professionnels de santé appelés à intervenir en équipe auprès des patients doit assurer au moins autant l’acquisition et l’évaluation des capacités décisionnelles et relationnelles humaines que celles des “habiletés” technologiques et numériques. La numérisation aide la prise de décision dans les situations complexes et permet de partager facilement l'information entre les professionnels de santé. Outil de vigilance et d’éducation thérapeutique, elle facilite la coordination entre soins de proximité et établissements de recours ainsi que le retour à domicile dans les conditions de surveillance et de sécurité renforcées. Grâce aux pratiques ambulatoires, il est possible de concentrer et d'accélérer explorations et soins afin de respecter les aspirations du patient à retrouver au plus vite sa vie personnelle et professionnelle. L’exercice des soins centré sur le patient est ainsi organisé, sécurisé et coordonné entre les nombreux professionnels de santé intervenant auprès de lui. Mais, une telle organisation semi-industrielle des soins, faite de standardisation, de biotechnologie de précision, de numérisation, et d’accélération du parcours la médecine, n'est-elle pas trop « froide » pour rester humaine ? Le souci constant de la personne La formation conjointe des professionnels de santé doit les mettre en situation de sensibilisation pour mieux percevoir, mieux comprendre, mieux répondre aux attentes des patients. Entre l’acquisition des connaissances et les stages pratiques de « compagnonnage », l'apprentissage par les outils de mise en situation simulée est indispensable à l’acquisition des gestes et réflexes individuels et collectifs d’une médecine biotechnologique et numérique. Les jeux de rôle et les ateliers de la bientraitance doivent se développer dans les facultés pour préparer le futur médecin au colloque humain singulier par l’entrainement à l’écoute et au questionnement éthique.