Documents pour «journalisme d'information»

Forum Nîmois - Charles GIDE - DUHAMEL - 22 septembre 2017

1h23min14

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le 11 avril 2013, à la maison du protestantisme à Nîmes Alain DUHAMEL.
Cher Alain,

Nous t’avons accueilli une première fois le 6 mars 2015. J’avais fait alors, évidemment ton panégyrique, travail facile compte tenu de ta carrière médiatique et écrivaine de 60 ans, et tes multiples chroniques, , analyses , émissions télé et radios. Je ne vais donc pas le refaire ici, où tous les participants apprécient depuis longtemps ta maitrise de l’analyse politique, et envient tes étudiants de Sciences Po !

Après ton « Histoire personnelle de la Vème république », chez Plon en 2015, tu as publié, chez le même éditeur, « Les pathologies politiques françaises », dans lesquelles tu décrivais les travers du fonctionnement de notre système politique. Enfin tu publies aujourd’hui même, je crois, « La cinquième république, grandeur, déclin, destin » chez , une série de dialogues avec Edouard Balladur, lequel d’ailleurs te fait une bien petite concurrence en s’étant lancé dans la chronique radio. Certais d’entre nous t’ont sûrement vu à « C a vous » avec Edouard Balladur vendredi dernier, en promoteurs de la Vème République, à laquelle d’aucuns, cédant à une maladie française voudrait aujourd’hui en faire succéder une VIème dont la valeur centrale serait le « dégagisme ».

Ma première question sera, comment analyses-tu le surgissement d’Emmanuel Macron, dans cette Vème république. Un surgissement qui a comme équivalent, dans sa forme seulement, celui de Donald Trump aux Etats-Unis. On compare quelquefois Emmanuel Macron à Justin Trudeau, car ils ont des âges proches, mais le canadien était déjà dans le sérail par son père et y a fait ses écoles.

Par quel miracle , notre jeune homme a-t-il pu surgir , sans passer par le polissage du « cursus honorum » des partis ? Evidemment, il y eut, Georges Pompidou, sorti de la clandestinité par de Gaulle , en 1962, comme Raymond Barre , nommé premier ministre de Giscard en 1976, mais l’un et l’autre ne se sont présentés au scrutin présidentiel qu’après de longues années comme premiers ministres.

Emmanuel Macron lui n’a eu que deux années de ministère, après un stage d’observation à l’Elysée, pour « prendre son élan ». Et il y a surtout l’âge ! Georges Pompidou avait 51 ans en 1962 et Raymond Barre 52 ans en 1976. Lui 40 ans ! En arrondissant !

Peut-on arguer de son relatif faible score au premier tour : 24% contre 21,3% à Marine Le Pen 49 ans, 20% à François Fillon 63 ans, et 19,58% à Jean Luc Mélenchon 66 ans ? Est-ce seulement un coup de chance électoral. Les 4% de plus que Marine Le Pen , en ce premier tour, sont-ils sans signification, purement aléatoire ? Ou ont-ils déjà une véritable assise politique dans une France déboussolée après deux quinquennats opposés, mais considérés comme inutiles. Est-ce l’effet d ‘une lassitude ? Un peu parallèle à ce qu’on disait de Marine Le Pen. On a essayé la gauche, on a essayé la droite, essayons l’autre !

Je pense que tu vas me dire qu’il y a de tout un peu, ou peut être quatre tiers comme dans le pastis de Marius, car j’ai sans doute oublié des motifs et ils se chevauchent. Nous avons hâte de t’entendre sur cet évènement politique. Est-il lié à une de tes pathologies ? Signe-t-il une guérison ? Une mutation de nos gênes politique a-t-elle pu se produire et pourquoi ?

Mais permets-moi une autre question. Notre système politique de multipartite, sous la quatrième République, du fait du scrutin proportionnel, était devenu tripartite sous la IVème république avec un PC en baisse constante, l’UDR, devenu RPR, et ses alliés centristes, et un PS en progressive reconstitution, avec ses allés radicaux de gauche, puis écologistes.

Malgré la quasi-disparition du PC il est ensuite resté tripartite, avec l’émergence du Front national à droite de la droite RPR puis UMP. A l’élection présidentielle de 2007, le quadripartisme a fait une apparition temporaire avec les 18% de François Bayrou, mais le tripartisme est revenu sous Sarkozy. Et nous voilà, de nouveau, entre un quadri et un « quinqua-partisme » : autour ou légèrement au- dessus de 20%, dans l’ordre croissant , disons la gauche canal préhistorique, ou « chaviste » pour faire tropical, l’UMP hyper-divisée, un FN blessé, et la République en marche, sans oublier , quand même comme cinquième partenaire à l’Assemblée, le PS, la gauche canal historique.

Vers quoi, à ton sens, allons nous ? Le parti d’Emmanuel Macron va-t-il grignoter encore un peu la gauche de la droite, voir la droite de la gauche, et jouer le rôle d’une gauche libérale en économie, un grand parti-social démocrate, faisant face à une droite conservatrice en matière de mœurs- Wauquiez-Ciotti-Jacob, à laquelle Marion Maréchal Le Pen apporterait son concours, avec des Insoumis restant cantonné au rôle d’extrême- gauche

Ou va-t-il au contraire se défaire renvoyant le système politique français au bipartisme, avec la même droite conservatrice précitée, et la vieille gauche keynésiano-marxiste autour de Jean Luc Mélenchon. Dans ce dernier cas, cela signifierait implicitement l’échec d’Emmanuel Macron, que d’aucuns verront annoncer avec sa popularité à 40% qu’on compare à ses 64% du second tour! Oubliant peut-être un peu vite ses 24% du premier tour ce qui signifierait exactement l’inverse. Il aurait regagné des « parts du marché » politique !

Te poser cette question, c’est poser aussi celle du sous-bassement idéologique : les français , dans leur majorité ont-ils « accepté » ce principe que le système de marché avec des entreprises privées faisant du profit, est « le pire de systèmes économiques à l’exception de tous les autres » pour parodier la célèbre phrase de Churchill pour la démocratie, où l’entreprise privée n’y a-t-elle toujours qu’un droit de cité limité.

Telles sont, cher Alain mes deux questions. Tu as une cinquantaine de minutes pour y répondre, mais si tu débordes, je crois que personne ne s’en plaindra.

Forum Nîmois - Charles GIDE - CLERC - 11 JANVIER 2018

52min44

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le 2 juin 2016, à la maison du protestantisme à Nîmes, Christine Clerc
Chers amis,

Je suis très heureux de vous retrouver ce soir pour notre première conférence de 2018, avec notre amie Christine Clerc qui, chaque dimanche matin, nous livre dans notre quotidien régional des analyses toujours fines et pertinentes empreintes d’un féminisme affirmé – elle a d’ailleurs consacré deux livres aux « tigresses » et aux « conquérantes » -, mais de bon aloi

Je vous présente, en tous cas, ou plutôt je vous confirme, à toutes et tous les meilleurs vœux de notre Conseil d’administration et les miens propres pour l’ « an que ven ». Qu’il réalise tous vos souhaits. Que je vous vois le plus nombreux possible, le plus souvent possible dans nos conférences, en bonne santé et plein de questions en puissance.

Est-il besoin de vous présenter à nouveau Christine qui est déjà venue une première fois le 30 avril 2014 autour de son livre précité, qui fait le portrait de « douze femmes à l’assaut du pouvoir », et une seconde fois, le 19 mars 2015, pour dialoguer avec Latifa Ibn Ziaten.

Journaliste à l’Express avec Françoise Giroud puis au Point avec Claude Imbert, puis à Elle et au Figaro et Figaro magazine. J’arrête de citer les organes de presse pour lesquels elle a faut de magnifiques grands reportages. Elle se définit, aujourd’hui comme une journaliste indépendante.

A ma connaissance elle a publié 21 livres dont je n’énumère que les plus récents

En 2017, chez Laffont, « J’ai vu cinq présidents faire naufrage ». Le sixième, s’il te lit, doit croiser les doigts !
En 2016, Victor Hugo amoureux aux Editions Rabelais. Il s’agit de son amour des femmes. Mais j’adore son amour de l’Europe dans un discours formidable prononcé au Congrès de Paris en 1849, que je tiens pour le premier acte fondateur de l’Union européenne.
En 2016, encore, « Le tombeur du général » pour lequel elle vient ce soir nous charmer
En 2014 Tout est fichu ! Les coups de blues du général chez Albin Michel
Et enfin »Les conquérantes » que j’ai déjà cité, en 2013 aux Editions NL
En 1982 elle avait publié « Le bonheur d’être français » qui lui avait valu le prix Albert Londres








Quatre livres ou il est question de de Gaulle, et quatre du Chirac intime. Comme le Midi Libre le disait ce matin Christine a eu pour notre général une grande affection !

Il est donc, en tous cas, plus que légitime de la présenter comme écrivaine et journaliste.

Mais venons-en à son sujet d’aujourd’hui : mai 1968. Les analyses rétrospectives de cet évènement vont se succéder dans les semaines qui viennent. L’Expresse du 27 décembre, lui est consacré en grande partie . « Plus qu’une explosion, Mai 68 fut ne lame de fond dont les effets sur la société se font encore sentir aujourd’hui » écrit Mathieu Scherrer qui a coordonné ces analyses ? Suivent , à quelques pages d’intervalle, deux séries de graphiques qui plantent le décor démographique et économique et social depuis l’évènement , puis un article sur la substitution des migrants réfugiés d’aujourd’hui , aux immigrés espagnols et portugais de 1968, en passant par les immigrés maghrébins des années 80 et suivantes « Un mouvement est lancé, par une jeunesse rebelle nous dit Pascal Ory, qui ayant échoué à changer les institutions, a quand même changé la société en profondeur » et il ajoute ,dans une envolée qui ne manque pas de pertinence , qu’on « est passé du gauchisme généralisé aux gauchismes au pluriel, féministe, écologiste et régionaliste » , ce qui , à mon sens , est un héritage plutôt positif. Puis vient une analyse de Philippe Raynaud, auteur de l’Esprit de la Vème république, qui estime que de Gaulle a été notre dernier grand homme (merci pour tous les autres), mais ajoute que « plusieurs points rapprochent Macron du gaullisme »

Deux autres écrivains, Denis Tillinac et Pascal Bruckner répondent ensuite à la question « Mai 1968, début de l’américanisation ? ». Retrouvant la thématique de notre cher ami Régis Debray. Denis Tillinac répond par l’affirmative, le second pense que mai 1968 fut surtout le dernier sursaut de l’hégémonie communiste sur l’intelligentsia, et le début de l’entrée dans ce qui appelle l’hédonisme démocratique.

Pour l’ambiance, je ne résiste pas à vous citer, comme l’Express, un certain nombre d’expression, de mai 68 ? Un petit coup de jeune ! : « Cours , camarade , le vieux monde est derrière toi »

« Soyez réaliste demandez l’impossible »
« On ne peut pas dormir tranquille lorsqu’on a ouvert une fois les yeux »
Evidemment, « Faites l’amour, pas la guerre !» ,
« Il est interdit d’interdire ! »
« Sous les pavés la plage ! »







Et, ce qui vous a encore aujourd’hui un certain goût de vérité : « Fermons la télé, ouvrons les yeux ! »

L’express termine par une question significative aussi : Où est passé Jean Paul Sartre qui allait distribuer les tracts révolution aires aux stations de métro, avec les Mao Spontex ? Philippe Gavi, le fondateur de Libé ose écrire : « Quand je parle de lui à des jeunes, j’ai l’impression d’évoquer vingt mille lieux sous les mers » Les excès de Sartre, malgré la grande qualité de sa réflexion antérieure, n’ont pas été payant. Du fameux duel, aujourd’hui, c’est Camus qui est sorti vainqueur.

Mais venons en pour finir, Christine, à ton « Tombeur du général », le titre est clair. Tu considères que, malgré la victoire immédiate de de Gaulle en 1968, avec un raz de marée électoral aux élections de juin 1968, Daniel Cohn Bendit, aura été le début du générique de fin pour notre grand homme.

Ton livre est une remarquable fiction. Il imagine que le vieux lion avant de s’envoler pour Baden Baden, retrouver le général Massu et s’assurer de sa fidélité si une guerre civile se déclarait en France, décide de recevoir secrètement Daniel Cohn Bendit, à l’origine de ces évènements qui ont plus qu’ébranlé son pouvoir.

Daniel Cohn Bendit, qui a réussi à lancer le Mouvement du 22 mars et allait littéralement soulever la France, engage donc, selon ta fiction, un dialogue avec de Gaulle, dans lequel tu as l’habileté de faire passer ton admiration bien connue pour de Gaulle , mais aussi une admirations certaine pour ce « juif anarchiste allemand », selon Georges Marchais, qui avait à se faire pardonner son travail en Allemagne .

Très franchement d’ailleurs la suite de sa carrière politique a montré que le dit Daniel – 73 ans aujourd’hui- avait un réel talent. D’abord élu des Verts au Bundestag, puis de ces mêmes Verts à l’Assemblée européenne, puis tête de liste aux européennes françaises de 2009, il annoncera en 2010 que finalement, il est favorable au capitalisme et à une écologie qui prenne acte de l’économie de marché ». Un pragmatisme étonnant de la part du leader de Mai 1968

Mais de Gaulle lui aussi fut un immense pragmatique. Son RPR, sous la quatrième République, s’opposa au Traité de Rome. Mais il le mit en œuvre dès 1958. Il cria « Algérie française » de la terrasse du Gouvernement général à Alger et quatre ans plus tard, il faisait voter l’indépendance. Il était favorable au capitalisme, mais il tenta d’y introduire les trois participations, au revenu, à la gestion, et au capital. . Et entre temps il avait autorisé la pilule !

Ce sont deux pragmatiques par destination, finalement, Christine dont tu as écrit le dialogue imaginaire. Nous t’écoutons avec la plus grande attention.

Forum Nîmois - Charles GIDE - SERVAN SCHREIBER - 28 avril 2016

1h26min53

L’activité de notre association Charles Gide reprend, pour son cycle de conférences "le forum Nîmois Charle GIDE" Jean MATOUK président de l'assosiation et professeur des universités recoit, le 28 avril 2016, à la maison du protestantisme à Nîmes Jean
Louis Servan Schreiber.
Pour que nul ne s’étonne que je te tutoie, je révèle en
exergue de ta conférence que nous nous connaissons depuis 70 ans sauf erreur et
notre entrée à St Louis de Gonzague. C’est un bail ! C’est rare que des
amitiés durent aussi longtemps

J’ai eu du mal à te convaincre de venir ! Ta vie a été
tellement remplie !  Tu as été, en premier
lieu, un journaliste et un « patron de presse » plein de dynamisme et
de réussite. Il faut dire que tu as baigné dans ce milieu des ta naissance.
C’est en effet, en 1908 que ton père Emile Schreiber et ton oncle Robert,
créèrent le mensuel Les Echos, qui a servi d’abord d’outil de promotion à la
vente de leur matériels divers. En 1913 
il devient hebdomadaire sous le titre«  Les Echos de l’exportation ».C’est
en 1937 qu’il devient un quotidien généraliste de l’économie et des affaires. Suspendu
évidemment pendant la guerre, il reparait en 1945, ses fondateurs ayant modifié
leur nom pour des raisons évidentes, en y ajoutant Servan. Tu y entreras en
1960. Il sera vendu à la famille Beytout en 1963, laquelle le revendra au
groupe Financial Times en 1988.

Mais entretemps ton frère Jean Jacques a, en 1954, créé
L’Express qui reste le grand hebdomadaire que l’on connait aujourd’hui, avec sa
devise si objective : Dire la
vérité, telle que nous la voyons

Après un stage dans la presse américaine, tu y entres en
1964, et  y parfait ta formation, puis
en, 1967, renouant avec la tradition économique familiale, tu crées
l’Expansion, avec Jean Boissonnat comme directeur de la rédaction. Création
précédé d’une étude très précise du futur lectorat, menée par la SEMA. Cette
prudence méthodologique explique sans doute ton premier très grand succès. J’ai
eu l’honneur d’y écrire. Il devient Groupexpansion, en absorbant L’Entreprise,
la Vie financière et La Tribune. Il fera ensuite, par le hasard des mouvements
capitalistique, après un passage chez Vivendi, retour dans le groupe
Express-Expansion. Tu en es resté président jusqu’en 1999.

Mais toi-même, entre temps, en tant que patron de presse, tu
auras déjà vogué vers de nouveaux rivages, au sens propre, puisque tu auras
créé au Maroc, le premier  hebdomadaire
économique du pays : «  La vie économique ». Tu la revendras
trois ans plus tard – certains bonnes langues à ton égard  disent que la clarté et la franchise des
analyses du journal ne plaisaient pas trop à Hassan II-, et va racheter alors,
en 1997, Psychologie. Ce magazine avait été créé en 1970, et tu allais en faire
un nouveau succès d’édition sous le titre 
Psychologies magazine, dont le tirage, de 70.000 à l’achat est passé,  disent les gazettes, à 350.000 exemplaires et
dans la gestion duquel on voit nettement la patte experte de ton épouse Perla.
Le groupe Lagardère y prend 49% en 2004, ce qui te permet de décliner le
magazine en Italie, Espagne, Belgique, Grande Bretagne, Russie, Chine. Bref un
troisième succès de presse !

Peu d’hommes, Jean Louis, peuvent se targuer d’avoir ainsi
réussi d’eux-mêmes trois succès de ce type. Certes, comme je le disais au
début, tu es né avec une plume dans la bouche, et quelques moyens financiers.
Mais ces succès ne sont pas ceux d’un fils à papa ! Ils sont ton œuvre. Tu
as eu, chaque fois, l’intuition d’un « besoin » nouveau en termes
culturels. Tu étais, comme on dit, parfaitement dans l’air du temps en 1967,
époque d’émergence de ceux qu’on appelait les cadres, qui se souciaient de
mieux comprendre le développement économiques, quand tu as créé l’Expansion
qui, sans l’astreinte de la lecture quotidienne, permettait à ces cadres de se
tenir informés

De même que tu as humé intelligemment l’air culturel du Maroc
en 1994, alors qu’apparaissait aussi , dans ce pays en émergence, le souci de
comprendre l’économie. De même, en cette fin du vingtième siècle, tu avais
senti la vogue nouvelle de la psychologie, la psychanalyse, et ce besoin subtil
de se « connaitre soi-même, le « gnoti séauton » de Socrate, d’aller
au-delà de la confrontation directe avec autrui, en cherchant comment cet
autrui construit lui-même sa pensée. J’ose dire aussi que tu as bénéficié de ce
début de développement d’un narcissisme assez généralisé, dont Facebook et les
selfies sont les expressions les plus courantes. Mais je puis témoigner, pour
avoir très longtemps lu ce magazine, que même ceux qui, depuis toujours,
avaient les plus grandes réserves sur la masse d’étudiants qui se ruaient sur
la « psycho-socio », trouvaient un grand intérêt théorique à ce
magazine.

Enfin, en 2010, avec Perla vous repreniez le magazine
« Nouvelles clés » de Marc de Smedt, que vous rebaptisiez « Clés »,
qui, à l’origine était dit «  de développement spirituel et
spiritualité » destiné principalement aux créatifs culturels. Je n’ai
aucunement la prétention d’être un créatif culturel. Je serais déjà heureux si
j’avais pu créer un concept en sciences économiques. Mais je dois dire que la
lecture de « Clés » tous les mois est toujours un grand moment, et
aussi une source abondante de personnes à connaître et, si possible, à inviter
au Forum, et d’idées pour mes propres productions intellectuelles. Si le tirage
n’a pas été ce que tu espérais, je dis que c’est encore, qualitativement, une très
grande réussite indiscutable de vous deux.

Durant ces trois aventures, tu avais, par ailleurs écris
quatorze livres. Trois d’entre eux ont trait à la gestion du temps :
« L’Art du temps » en 1983, puis « Le nouvel art du temps »
en 2000, puis « Trop vite » en 2010. Le temps qui passe trop vite
quand on agit et qui est si long quand on s’ennuie, est ton thème préféré. J’avais
été très impressionné par le premier, m’avouant cependant vite incapable de
respecter la discipline que tu y préconisais. En 1977, ton « A mie
vie », m’avait laissé rêveur. J’avais 40 ans comme toi, et les quatre-vingt
ans que tu visais implicitement me paraissaient bien loin. En même temps à l’époque,
c’était plutôt un horizon long, donc plein d’espoir. On mourrait autour de nous
plus jeune en moyenne. Eh, bien Jean Louis, nous y sommes ou presque ! En
2014, « Pourquoi les riches ont gagné » m’a beaucoup plus car c’est
une analyse sans concessions d’un milieu que tu as toujours tangenté, mais sans
t’y perdre.

Ton dernier livre est « C’est la vie ». Pourquoi
avais-tu choisi comme thème de ce soir « Eloge de l’ignorance », et
quel est le rapport avec ce livre. Est-ce une réminiscence de la deuxième béatitude
de Mathieu : « Heureux les pauvres d’esprit, car le Royaume des cieux
est à eux ».  Le savoir est-il un
tel puits sans fond qu’il rend malheureux ? Vaste débat depuis 2000 ans,
vaste sujet. A toi Jean Louis, old chap !

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. Journalisme de données et parcours professionnels : l'exemple d'OWNI. Témoignages "d'anciens" du site OWNI : Alexandre Lechénet, Olivier Tesquet et Sylvain Lapoix.

Adeline WRONA

1h02min52

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. Le cas de l'AFP : comment une organisation médiatique revalorise ses données. Les questions de la salle.

Adeline WRONA

18min31

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. Le cas de l'AFP : comment une organisation médiatique revalorise ses données.

Adeline WRONA

29min41

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. La base de données du journalisme de données. Les questions de la salle.

Adeline WRONA

09min16

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. La base de données du journalisme de données.

Adeline WRONA

34min02

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. L'institutionnalisation et la formalisation du journalisme de données : les formations aux pratiques informatisées de l'information. Les questions de la salle

Adeline WRONA

10min01

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information. L'institutionnalisation et la formalisation du journalisme de données : les formations aux pratiques informatisées de l'information.

Adeline WRONA

33min01

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information, la construction informatique des données. Les questions de la salle.

Adeline WRONA

13min17

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/

Projet Jourdain : Journalisme, Data et Information, la construction informatique des données.

Adeline WRONA

20min51

Le projet Jourdain articule d’une double signification. « Jourdain » est
d’abord un acronyme de JOURnalisme, DAta et INformation. Ces trois
notions sont situées au cœur du datajournalisme, dans sa
définition canonique introduite par Adrian Holovaty.
M. Jourdain c’est
aussi ce personnage d’une pièce de Molière, se surprenant lui-même à
déclamer de la prose. Parce que les journalistes font, de longue date,
du « datajournalisme » sans le savoir, les analyses du projet Jourdain
visent à cerner, par-delà la virtualité des concepts, la réalité de
pratiques remobilisées.
Le projet Jourdain a organisé une journée d’étude le 11 octobre 2013 au CELSA.

 Elle est revenue sur les principaux axes de recherche du projet : les
liens entre journalisme de données et journalisme d’investigation, les
rapports complexes entre les professions informatiques et les milieux du
journalisme et les enjeux démocratiques de la « libération » des
données.

Elle a invité une dizaine d’intervenants universitaires et
professionnels à faire le point sur la pratique ainsi mise en exergue.

Le programme Jourdain s’achève sur la mise en lumière de la place du
journalisme de données dans le système médiatique contemporain, afin
d’en cerner les figures et les usages pour l’avenir.
http://projetjourdain.org/