"Guerre et Paix" de King Vidor (1956)
Vidéo numérique
Bals et défaites, amour et mort : King Vidor signe une adaptation lyrique du chef-d’oeuvre de Tolstoï. Audrey Hepburn s’y glisse avec la légèreté d’une étoile.
Hiver 1805. Alors que Napoléon défait l’armée du tsar à Austerlitz, l’aristocratie moscovite s’enivre de chasses et de fêtes. Sous le charme de la jeune et espiègle Natacha Rostov, Pierre, fils illégitime du comte Bezoukhov, noie ses angoisses dans des nuits de beuverie. Reconnu à la mort de son père comme son unique héritier, cet idéaliste se laisse séduire par l’ambitieuse Hélène. Natacha s’éprend quant à elle du prince André, un jeune officier veuf, habité par le sens du devoir. Mais la guerre va bientôt précipiter ce monde fragile dans le chaos…
Toutes les couleurs du roman
En s’attaquant au monument de Tolstoï, King Vidor a réalisé une œuvre à sa mesure, romantique et passionnée. Porté par une photographie inspirée – la scène crépusculaire du duel dans la neige –, le film décline toutes les couleurs du roman, glissant de l’insouciance frivole à la tragédie collective. Dans le tourbillon qui emporte les êtres, le cinéaste traque les instants de fracture et met en scène les batailles en pénétrant les âmes de ceux qui y prennent part. Au-delà de la dimension épique, c’est à la frêle silhouette d’Audrey Hepburn que le film doit sa force. L’actrice le traverse en état de grâce dans ce rôle de jeune fille fantasque dont les sentiments gagnent en profondeur au fil des épreuves.